Retour sur la journée de visites dans les Hauts-de-France du 24 septembre 2026

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Du champ au chantier : une journée au cœur des matériaux dans les Hauts-de-France

Le 24 septembre 2026, 50 personnes (professionnels, partenaires, représentants d’institutions publiques ou privées…) ont pris la route des Hauts-de-France pour suivre le chemin des initiatives locales en éco-construction. Au programme : rénovation énergétique d’une cité minière, transformation d’une friche commerciale, en passant par la production de matériaux biosourcés – 4 approches et un même fil conducteur pour faire évoluer les pratiques de la construction et de la rénovation durable.

La cité Saint-Albert à Liévin: rénover le patrimoine minier sans perdre son identité

Première étape sur le chantier de la cité Saint-Albert, à Liévin. Le projet vise la rénovation de 462 logements d’ici fin 2027, dans le cadre de l’Engagement pour le Renouveau du Bassin Minier. L’objectif est de passer d’un niveau PEB G à un niveau PEB C.

Inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2012, le Bassin minier du Nord-Pas-de-Calais constitue un patrimoine architectural et social majeur. Ses cités minières, dont les premières constructions remontent à la période 1860-1920, posent aujourd’hui un double défi : préserver leur identité tout en améliorant significativement leur performance énergétique. L’isolation se fait donc par l’intérieur : de la laine de bois est utilisée pour les combles et toitures (25 à 40 cm) ainsi que pour les murs (12 cm).

Cette visite a montré la complexité d’une rénovation à grande échelle : concilier patrimoine, confort des habitants, exigences énergétiques et choix des matériaux.


La Réserve : donner une seconde vie à une friche commerciale

À Noeux-les-Mines, là où se trouvait autrefois une friche associée à la consommation de masse, le projet propose aujourd’hui un lieu mêlant éducation, environnement, alimentation, insertion et expérimentation : un laboratoire à grande échelle, preuve d’un modèle réalisable, abordable et réplicable. La Réserve fonctionne comme un véritable démonstrateur de la transition écologique et territoriale. Le projet repose sur la souveraineté alimentaire (légumes bio en circuit court) et la résilience territoriale (un tiers-lieu social et nourricier).

Le réemploi occupe également une place centrale dans la transformation du site. De nombreux éléments issus de la déconstruction de l’ancien bâtiment ont été récupérés et réutilisés : laine de verre, dalles de faux plafond, câbles électriques, bardage, ossature bois ou encore enrobé. Le site emploie environ 30 équivalents temps plein, dont 20 à 25 personnes en insertion.

Côté construction, on y trouve 2.435 m² d’isolants biosourcés, des murs au plafond, en terre crue avec chauffage par circulation d’eau, de l’isolation à base de laine de bois, paille, coton recyclé, chanvre, lin, liège, mais aussi du bardage en robinier ou encore en cèdre rouge. Il y a également 2 cuves de 400 m³ pour récupérer l’eau de pluie et 185 m² de panneaux photovoltaïques couvrant 16% des besoins en électricité.

Avec une étanchéité à l’air Q4 de 0,7 m/h par m², le bâtiment approche le standard passif à un coût maîtrisé. Récompensé par les Trophées rev3 du Bâtiment durable du CD2e, le projet est un écolieu inspirant et enrichissant qui démontre que la sobriété n’est pas une contrainte mais une opportunité économique.


Miscanthus : du champ à l’isolant chez Miscanbloc

Après la pomme de terre, Florence et Bruno cultivent aujourd’hui environ 200 hectares de miscanthus destiné au secteur de l’éco-construction, une plante pérenne qui repousse pendant plus de 20 ans, sans engrais ni pesticide. En partenariat avec Vicat Sysnergie, ils ont créé le Miscanbloc®, un bloc de construction isolant fabriqué directement sur l’exploitation.

Seule la tige est conservée après dépoussiérage. Elle est mélangée à du ciment Byosis et à de l’eau de pluie récupérée (80 % de miscanthus, 10 % de ciment, 10 % d’eau), puis pressée et découpée. Les blocs passent environ 24 heures en étuve, puis un mois de séchage naturel.

Au niveau technique, un bloc de 30 cm affiche une résistance thermique de R = 4 et un déphasage de 10 à 12 heures. Il peut être posé à la chaux. Les homologations FDES et ACV sont attendues pour 2027.

Avec leurs champs au pied de l’usine, Florence et Bruno ont une ressource plus que pertinente pour la construction durable !


FIBOO : le bambou comme isolant

Créée en 2021 et installée à Blaringhem, l’unité de production FIBOO structure toute une filière autour du bambou, de la culture à sa transformation en panneaux semi-rigides isolants. L’entreprise étudie notamment les conditions de culture dans les Hauts-de-France et en Europe.

Le procédé commence après la récolte, qui intervient lorsque les bambous atteignent environ 3 mètres de haut, à partir de la 5ème année. Les tiges sont transformées en copeaux, puis défibrées. Les fibres obtenues peuvent être utilisées pour produire des panneaux ou être utilisées en vrac. Le processus permet également de valoriser certains sous-produits, notamment pour d’autres applications comme les panneaux de type MDF.

Côté technique, les panneaux semi-rigides produits présentent une forte résistance à l’eau, une caractéristique particulièrement intéressante pour certaines interventions dans le bâti ancien. La formulation contient moins de 5 % de liant et un antifongique et affiche actuellement un déphasage de l’ordre de 10h pour 15 cm d’épaisseur.

L’entreprise poursuit parallèlement ses travaux de recherche et développement avec un panneau rigide et un panneau semi-rigide moins dense, améliorant ainsi son pouvoir isolant.

Peu de poussières, manipulation facile, durable et résistant à l’eau, l’isolant semi-rigide n’est que le début d’une suite d’autres produits à venir.

Remerciements

Merci encore à toutes et tous pour l’accueil, le partage et les échanges pertinents :

  • Pour la cité Saint-Albert à Liévin :  Yannick Deversenne, Hugo Pecqueur, Marie Houbart
  • Pour « La Réserve » : Pierre-Alain Bétremieux, directeur de l’association Noeux Environnement, Thierry Dambrine, directeur d’Alternative Bois Concept et Emmanuel Antczak de l’Université d’Artois
  • Pour Miscanbloc : Bruno et Florence Delassus
  • Pour Fiboo : Arthur Prouvoyeur, ingénieur commercial, Benjamin Dekeyser, Responsable commercial

Merci au CD2E pour cette belle organisation qui a permis aux visiteurs flamands, wallons et français de découvrir le patrimoine des Hauts-de-France.

Merci aux partenaires pour leur présence et leur aide à faire connaître ces initiatives au travers Build-value !